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DE LA VILLE DE.PARIS.
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l'arrest que l'on dict avoir esté faict par le commis­saire de Sens, et les deniers provenans de lad. vente mis es mains de Nicolas Boissellet, mesureur juré de charbon de lad. Ville, pour en rendre compte quant par justice en sera ordonné.
Nicolas Chevanson, sa femme presente, pour avoir vendu une demye corde de boys deffectueuse et non fournye, suivant l'ordonnance, a esté con­demné en quarente solz parisis d'amende, et def­fences , etc. Et sur lad. admende sera prins x solz pa-
risis pour les fraiz, le quint au dénonciateur, reste xxu solz parisis.
Veue l'interrogatoire de Guillaume Hebert, dict Le Normant, voicturier par eaue, demourant à Cha­renton, faisons deffences aud. Hebert de soy plus entremcclre de la marchandise de boys, en faire descharger ny vendre aud. Charenton, sur peine de xx livres parisis d'amende. Et pour avoir par luy ce faict, le condemnons en xxiiii solz parisis, applicable aux fraiz des sergens.
DXXII. — Mandemens aux Conseillers et Quarteniers pour la redition des armes.
12 janvier 1564. (H 1784, fol. 227 r°0
Du lundi, xii0 jour de Janvier mil v° Ixiii.
En Assemblée, le jour d'uy, faicte de Mess" en Ieur Bureau de la Ville, qui ont advisé d'envoyer mandemens à Mess™ les Conseillers et Quarteniers, dont la teneur ensuit : "Mons' le premier president, plaise vous trouver demain, à neuf actandant dix heures du matin, en l'eglise Sainct Germain de l'Au­xerrois, où nous serons, vous actandant, pour de là aller au Louvre avec nous entendre ce qu'il plaira à la majeste du Roy nous dire pour le bien de ceste Ville, et vous prions n'y voulloir faillir, actandu qu'il nous l'a, ce jour d'uy, commandé.
"Faict au Bureau de lad. Ville, le xii0 Janvier
Ve IXIII. T)
"Sire Jacques Kerver, Quartenier de lad. Ville, appellez vingt des plus notables bourgeois de vostre quartier, vestuz' de leurs bons acoustremens, et les menez demain, heure de neuf heures attandant dix du matin précisement, en l'eglise Sainct Germain de l'Auxerrois pour d'illec venir avec nous au Louvre devers la majesté du Roy entendre pe qu'il luy plaira nous dire et commander, et à ce ne faictes faulte, d'au­tant que c'est chose qui concerne le bien de la Ville, et nous a esté, ce matin, commandé ainsi le faire.
"Faict au Bureau de lad. Ville, le xii0 Janvier mil v° lxiu.»
Le landemain, lesd. Conseillers, Quarteniers et
bourgeois se trouverent aud. lieu de Sainct Germain de l'Auxerrois avec Mess" de la Ville, qui les menè­rent au Louvre par devers le Roy estant en la grande salle du Louvre, acompaigné de mess™ les reveran-dissimes cardinaulx de Bourbon, Strocy, et autres princes et grans seigneurs; et afin que nul estranger n'entrast en lad. salle, Monsr le Prevost des Mar­chans se tenoit à l'entrée de la porte pour congnoistre les bourgeois de Paris, et ne laissoit-on entrer que eulx. Et quant tout feust venu, le Roy, auprès de1a Royne, sa mere, parla à toute la compaignée en ge­neral, dit qu'il avoit par cy devant congnu la bonne affection, obeyssance et fidellité que luy avoient porté les habitans de lad.,ville de Paris, cappitalle de son royaulme, et qu'il ne l'avoit pas oublyay et que jamais ne l'oubliroit. Et pour ce qu'il s'en veult aller de brief, a deliberé avant son partement de leurs faire rendre leurs armes, et de faict voulloit qu'elles leur feussent rendues pour leurs seurctez d'eulx et de leurs maisons'1'; toutesfoys les exortoit d'empescher qu'il n'y eust aucune sédition et de vivre en paix, autant qu'i leur seroit possible.
Monsr le Prévost des Marchans pour lesd, habi­tans remercia tres humblement le Roy de la bonne volunté et affection qu'il portoit à son peuple de Paris, et que à bon droit il aymoit led. peuple, et n'estoit point deceu de sa bonne affection, car led. peuple l'aymoit et luy voulloit obeyr, autant qu'il est
W Le 16 janvier, Catherine de Médicis adressa, en même temps que son fils, une lettre à Damville pour lui apprendre que le Roi avait fait la grâce (taux princippaulx chefz de maisons de la ville de Paris de leur rendre des armes pour la garde de leurs maisons, sans toutesfois qu'ils puissent avoir harquebuzes ny pistolletz», ajoutant que cette faveur ne devait pas étre invoquée par les ca­tholiques des autres villes ou ceux de la nouvelle religion, pour reprendre leurs armes, et l'invitant à faire observer plus que jamais l'ordonnancé de la majorité de Charles IX qui enjoignait de désarmer tout le monde. (Cf. H. de Laferrière, Lettres de Catherine de Médicis, t. Il, p. 141.)
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